Le sperme mutant des souris de Hamilton


SourisUne bonne bouffée d’air pollué, et l’ADN du sperme des souris mute. C’est la conclusion d’une étude menée par une équipe de chercheurs d’Ottawa (Canada) et de l’Université de Maastricht (Pays-Bas). Dans leur article, publié dans les Annales de l’académie nationale américaine des sciences (PNAS) Carole Yauk et ses collègues montrent que des souris qui ont respiré de l’air pollué présentent un nombre de mutations génétiques dans leur sperme bien plus élevé que des souris qui ont inspiré de l’air filtré.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont placé des souris près de deux aciéries et d’un important axe routier, dans la ville de Hamilton. Le premier groupe respirait l’air tel quel. Le second groupe pouvait emplir ses petits poumons du même air passé au travers de filtres de haute qualité. À l’issue des 16 semaines d’expérience, le sperme des souris du premier groupe comportait 60% de mutations génétiques en plus. En théorie, ces mutations peuvent altérer l’expression et le fonctionnement de plusieurs gènes chez les futurs petits de ces souris. “Cette recherche indique que des polluants chimiques en suspension dans l’air pourraient être responsables de mutations génétiques transmissibles”, expliquent les chercheurs.

Reste à confirmer ces résultats. Et surtout à évaluer l’impact de la pollution atmosphérique sur le sperme des humains.

Ah. Et après six semaines de récup’ en labo, les souris du premier groupe ont retrouvé un état à peu près normal.

Sources : Nature news (13.01.2008), Yauk C et al. Germ-line mutations, DNA damage, and global hypermethylation in mice exposed to particulate air pollution in an urban/industrial location. Proc Natl Acad Sci U S A. 2008 Jan 14; [Epub ahead of print]

St.H.

Photo (Il ne s’agit pas d’une souris de Hamilton mais d’une souris embarquée dans une autre expérience) : St.H.

[16 janvier 2008]